Apprendre et Enseigner le Qi Gong : les 8 attitudes

Apprenant et Enseignant

La joie d’apprendre

Avant d’être un enseignant, il faut passer par le stade de l’apprenant.

Apprendre une discipline, une matière, un sport, une langue, une philosophie, à jouer d’un instrument, doit être quelque chose de joyeux et naturel.

C’est essentiel que l’apprentissage et la compréhension se fasse dans la joie et le bonheur d’apprendre. C’est l’état naturel de l’enfant qui est en permanence dans la joie d’apprendre et de grandir.

Joie d'apprendre

Malheureusement, beaucoup d’entre nous ont pu expérimenter avec l’école ou d’autres méthodes axées sur l’obligation, que nous sommes coupés de ce sentiment. L’apprentissage devient douloureux et pesant.

Comme il est rappelé dans « un cours en miracles » : « L’état d’apprenant heureux est essentiel ».

Toute notion de jugement, de faute ou de culpabilité de ne pas savoir (ou peur de ne pas y arriver) doit être écartée.

Se tromper fait partie du processus d’apprentissage

« Il vaut mieux apprendre à échouer qu’échouer à apprendre ! »

J’ai eu la chance dès l’enfance de pratiquer des sports de glisse où la chute fait partie intégrante du jeu et ou en prend régulièrement d’énormes « gamelles » (Ski, planche à voile, skateboard…).

Mon entraineur de ski m’a dit un jour alors que je me lamentais d’avoir chuté dans un slalom : « Quand tu ne tombes plus, tu ne progresses plus ! ». Ça m’a marqué.

Aller au-delà de nos limites et ne pas prendre la chute ou le fait de se planter pour un problème permet de garder une attitude confiante et positive dans l’apprentissage.

Quand on apprend, on a le droit de se tromper, sinon c’est qu’on sait déjà…

Dans les pratiques corporelles, c’est la même chose, s’autoriser tranquillement à faire des erreurs aide à les reconnaitre et à se corriger pour progresser.

C’est la même chose du côté de l’enseignant :

  • non seulement il faut accepter que des élèves n’arrivent pas à exécuter les mouvements et respirations correctement ou ne soient pas dans la bonne attitude,
  • mais aussi accepter que nous même ne sommes pas toujours au top et que nous sommes aussi en train de progresser.

Ne pas vouloir faire bien

Cette attitude est proche de la précédente mais avec des nuances.

J’observe cela souvent chez les étudiants de Kiko et je les rassure que je n’attends pas que leurs gestes soient parfaits ou similaire à ce que je montre.

Nous avons tous des corps différents, avec parfois nos blocages et nos difficultés.
Le fait de créer une tension mentale supplémentaire en voulant absolument « faire bien » nous fait, en réalité, ralentir dans notre progression et met une pression inutile là où le relâchement et la détente nous seraient plus utiles.

Vouloir faire bien peut même amener une rigidité dans le corps.

En observant un pratiquant effectuer des mouvements, on va se rendre compte que le corps va traduire tous les déséquilibres et les tensions qui résident dans son esprit.

En relâchant les tensions de l’esprit, le geste s’améliore… mais aussi en répétant un geste sans tensions, nos rigidités intérieures vont pouvoir s’en aller et la confiance s’installer.

Garder l’intention de progresser (sans effort)

Evidemment, s’autoriser à se tromper ne veut pas dire que nous allons faire n’importe quoi et que rien n’est important.

La nuance et l’équilibre sont subtils. La progression est naturelle ; elle est juste différente d’une personne à une autre et elle comprend la possibilité de se tromper et de corriger comme méthode d’apprentissage.

Tout ce qui vit, grandit, évolue vers son épanouissement complet ou sa réalisation. Cette progression ou croissance se fait sans effort dans la nature : Un arbre n’essaie pas de pousser, il pousse sans s’efforcer.

L’homme aussi grandit en compréhension et en sagesse vers son épanouissement.

Les pratiques corporelles conscientes ou méditatives qui participent de cette réalisation du potentiel humain doivent se faire idéalement sans s’efforcer, naturellement.

Un enseignant pour apprendre

Ca parait évident en le disant :  On a besoin d’un enseignant pour apprendre. Mais aujourd’hui avec Internet, You Tube, l’accès à l’information instantanée, on peut être tenté d’apprendre tout seul en multipliant les informations.

Dans tous les cas, pour apprendre, nous avons besoin d’un enseignant qualifié qui peut transmettre et enseigner ce que nous souhaitons acquérir.

L’enseignement peut être écrit, oral, ou par imitation.

 Pour les disciplines qui nous intéressent, l’enseignant transmet à la fois :

  • une technique,
  • un savoir,
  • une manière de faire,
  • mais aussi une manière d’être,
  • une énergie personnelle.

Cet enseignement est primordial même s’il est silencieux.


Dans les traditions orientales l’enseignant transmet l’énergie de la pratique,

  1. par sa présence,
  2. son énergie
  3. sa conscience personnelle.

Incarner et vivre intérieurement toutes les composantes d’un mouvement (corps, cœur, esprit) sont ce qui permet une transmission énergétique et subtile, dans le moment présent entre enseignant et apprenant et aussi dans le groupe de pratique.

 

L’état d’esprit du débutant

« Savoir
Et se dire que l’on ne sait pas, est bien.
Ne pas savoir
Et se dire que l’on sait, conduit à la difficulté »

Lao Tseu

L’esprit du débutant est fondamental si nous voulons apprendre quelque chose. Impossible de recevoir un enseignement si nous gardons l’attitude mentale « je connais déjà tout ça ! ».

« Il faut que ta coupe soit vide, si tu veux être rempli ».


Notre esprit doit rester ouvert, curieux, avec aussi peu de jugement possible pour ce qui nous est transmis pour pouvoir en faire l’expérience et y goûter vraiment.

Sinon, nous ne faisons que voir les choses avec le filtre de notre « savoir » (issu du passé), nous nous fermons au cadeau qui nous est proposé de faire de la place pour du nouveau.

Cette attitude est également valable quand nous pratiquons un mouvement que nous connaissons déjà ou bien quand nous méditons.
Avec l’esprit de curiosité et du débutant, nous pouvons réaliser que c’est la première fois et la dernière fois que nous faisons Ce geste particulier même si c’est la millième fois que nous le répétons.

La conscience centrée dans le moment présent nous ouvre le champ des possible.

Continuer à apprendre pour enseigner

C’est pour moi quelque chose qui me permet de garder ma pratique vivante.
Depuis 20 ans, j’enrichis ma pratique de Kiko par des enseignements :

  • sur la sagesse,
  • la respiration,
  • le Yoga,
  • la méditation,
  • les arts martiaux,
  • le travail énergétique,
  • la spiritualité…

Ces enseignements se font à travers des lectures mais aussi toujours plusieurs fois par an en contact direct avec des enseignants, (maitres ou senseï) bien plus avancés que moi dans leur domaine particulier.

Je suis toujours extrêmement reconnaissant de pouvoir continuer d’apprendre auprès de ces grands enseignants qui ont consacré leur vie à la transmission de la sagesse universelle.

 

Apprendre en enseignant :

« Tu enseignes le mieux ce que tu as le plus à apprendre »
Richard Bach (auteur de Jonathan Livingstone le goéland)

« Apprendre n’est qu’un aspect de la pratique. Vous trouverez l’autre en enseignant »
Aoki Hiroyuki (fondateur du Shintaïdo).

Il s’agit encore d’un paradoxe surprenant mais qui devient très clair quand on le met en pratique.

Le fait d’enseigner nous met régulièrement dans le flux de la pratique (dans un premier temps) et quand nous enseignons avec l’intention de « donner » en fait nous « recevons » en même temps.

Donner sans calcul mais avec discernement est parfois un défi.

Je me pose souvent la question de savoir si je transmets déjà tel ou tel aspect du Kiko aux pratiquants en face de moi. Vont-ils être capable d’assimiler les nouvelles informations, les mouvements, l’énergie générée par tel ou tel geste ?

Tout en prenant soin des pratiquants, j’essaie d’adopter une attitude où je ne retiens rien, où je laisse couler les choses d’une Source au-delà de moi vers les élèves.

En général, il s’ensuit que je reçois moi-même des nouvelles compréhensions, une variante d’un mouvement ou un approfondissement de ma pratique personnelle.

Quand nous enseignons, nous pouvons également être en gratitude avec nos élèves car ils nous permettent d’avancer, de grandir avec eux et sentir cette énergie qui nous traverse et dont nous profitons ensemble.

Nous pouvons alors retrouver ce sentiment «  tu es comme moi ».

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